Accueil du site > Revue de presse > à propos de Vers la fin de la télévision publique ? Traité de savoir-vivre du (...) > La Croix
Le projet de loi sur la réforme de l’audiovisuel divise les députés à l’Assemblée nationale. La suppression de la publicité sur France Télévisions et la nouvelle procédure de nomination de son président sont au cœur des débats.
« Je n’ai entendu dans les débats aucun propos anti-service public. En 1986, le ministre chargé de la loi sur la privatisation de TF1, François Léotard, pouvait affirmer à l’Assemblé nationale que le service public était « un astre mort, c’est-à-dire un astre dont la lumière nous parvient encore, mais qui est mort ! »
Aujourd’hui, plus personne ne le pense ni ne le dit. Cependant, ce projet de loi l’affaiblit considérablement. À commencer par son mode de financement.
Même en Italie, le président de la RAI n’est pas nommé par Silvio Berlusconi : Claudio Petruccioli est un homme de gauche, ancien responsable du Parti communiste italien. Mais plus que le mode de nomination, c’est la procédure de révocation qui est en cause. Le président de France Télévisions peut être congédié à n’importe quel moment. Il est donc totalement soumis au bon vouloir du prince. Une mesure qui entre en vigueur dès l’application de la loi. Patrick de CaroIis pourrait donc être lui-même sous la menace d’une révocation avant la fin de son mandat. Un autre point nous éclaire sur la destination future de France Télévisions : l’exposé des motifs à propos des programmes. Le projet de loi fixe des thèmes, des horaires, des sujets à traiter. C’est une logique d’instruction imposée aux programmateurs. La télévision publique tend à redeyenir la chose de l’État, comme sous De Gaulle ! »
RECUEILLI PAR LAURENT LARCHER
La Croix, lundi 1er décembre 2008
Nos publications