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Un processus psychanalytique
Jean-Marie Songy Directeur artistique
Stradda : Quelle intention a guidé ce livre ? Jean-Marie Songy : Au-delà de la vingtième édition de Furies, il fallait revenir sur la matrice Turbulence. La vie du spectacle de rue, à Châlons-en-Champagne, est issue de l’énergie d’une équipe de création et on a essayé de garder cette intention première : être sur le vif de la relation à l’artiste. On a éludé le déroulé historique pour focaliser sur ce qu’était Turbulence et ce que Turbulence pense de Furies.
Comment tenir à distance cette histoire personnelle ? La plongée dans vingt-huit ans d’archives a provoqué un vertige... Je passais de l’éclat de rire hystérique à la larme à l’œil, à la nécro d’untel... Un comédien est venu fouiller avec moi un jour ou deux et il a fini par me dire : "J’en peux plus, je me barre, ça me donne envie de gerber tout le temps." A un moment, j’ai senti que je devais moi aussi me dégager. Anne Lacombe, l’attachée de presse de Furies, et la journaliste Anne Quentin ont pris le relais. Il y a quelque chose de psychanalytique dans le processus du livre. On se demande quel rôle on a joué dans cette histoire, pourquoi on s’y accroche. J’ai l’impression que c’est plus l’histoire qui s’accroche à moi. Cette expérience m’a permis de remettre en jeu mon parcours personnel, ma vie intime... Je me suis dépoussiéré. Quand je regarde le livre, je me dis aussi que cela ne m’appartient pas. C’est la restitution de toute une histoire qui est globalement celle des artistes.
Anne Gonon. Stradda, Octobre 2009.
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